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« Mon fils a connu son premier épisode
psychotique en 9ème année. Il a été hospitalisé en
mai et n’est retourné à l’école que pour les
examens finaux. Il a tout juste obtenu ses crédits. Il avait perdu tous
ses amis et ne pensait pas avoir envie d’y retourner de nouveau (bien
qu’il se soit inscrit pour septembre et qu’il y soit allé pendant
une journée).
Il a passé l’année suivante (10ème année) à la
maison, allant ainsi à l’école virtuelle grâce à l’ordinateur.
C’était la première fois que notre commission
scolaire offrait cette option. Des centaines d’étudiants
qui avaient débuté ce programme, il a été le
seul à compléter chacun des cours originaux et à obtenir
tous ses crédits. Nous avons plaidé en sa faveur auprès
de la commission scolaire pour obtenir un tuteur « réel » qui
viendrait à la maison (payée par la commission scolaire,
cette personne était un professeur retraité et lui
offrait davantage de socialisation que des universitaires, mais il
valait son pesant d’or). Mon fils a essayé de retourner à l’école
en septembre et en février, mais tel un manège, il
a manqué certaines occasions et a attendu patiemment jusqu’à la
prochaine fois. À partir de mai de la 9ème année
jusqu’au milieu de la 11ème année, mon fils n’a
pas eu un seul ami. Il était très isolé et seul
(ce qui découlait très probablement de la phase prodromique
de la maladie alors que les pairs ont été éloignés
et ensuite de son besoin de comprendre ce qui lui était arrivé et
ce qui lui arrivait).
En septembre de l’année dernière, il est retourné dans
une nouvelle école secondaire et s’est inscrit dans
une « coop » à temps plein. Pendant
huit semaines, il a fréquenté le collège communautaire
local en suivant un cours de cuisine hôtelière le matin.
Il passait ses après-midi dans un restaurant. Après
ces huit semaines, il allait au restaurant toute la journée
en grimpant les échelons et devint « cuisinier-rôtisseur ».
Il a obtenu 92 % à sa coop et a gagné la confiance
dont il avait besoin pour essayer d’aller à l’école
et de s’inscrire à des cours pour le 2ème semestre.
Il a ensuite changé d’école secondaire (encore)
et suivi principalement des cours généraux de 11ème
année pour le 2ème semestre et a eu un peu de difficulté à obtenir
tous ses crédits. Il est arrêté à mon
bureau un matin après avoir été à l’école
et a confirmé ses cours pour la 12ème année.
Il avait décidé de suivre la préparation universitaire
(il avait laissé toutes ses options ouvertes jusqu’à maintenant
puisqu’il n’était pas sûr de vouloir se
concentrer sur le milieu de travail en coop, la préparation
collégiale ou universitaire) et j’imagine qu’il
s’est décidé ce matin-là. »
Le
système scolaire se doit d’avoir les caractéristiques
suivantes : souplesse, tolérance, éducation/compréhension
(il existe d’autres problèmes connus par les jeunes adolescents à part
la drogue et l’alcool mais aucun ne s’appliquait à mon fils).
Les représentants de la commission étaient très compatissants
(beaucoup plus que le système de santé mentale/médicale
où il était impossible d’obtenir des soins appropriés
pour son âge). Ils semblaient prêts à aller plus loin et à enfreindre
les règlements, à essayer de nouvelles choses, à créer
des ponts pour combler les écarts et à aider un retour progressif.
Les professeurs, les conseillers en orientation et le personnel de l’éducation
spécialisée étaient respectueux. Ils ont admis ne pas
beaucoup connaître la maladie mentale/la psychose, mais ils étaient
prêts à apprendre et à faire ce qu’il fallait. Ils
ont accepté les visites surprises (sans horaire), lui ont permis de
changer d’école (en dehors des juridictions), ont trouvé et
payé un tuteur à titre d’essai aussi longtemps que nécessaire
(même si les étudiants de l’école virtuelle n’y
avait pas droit), etc. Ils ont pris toutes les informations que nous, les parents,
avions recueillies, ont posé des questions et ont fait circuler ces
informations. » |
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« Mon
fils vient tout juste de terminer sa 12ème année
et souffre de dépression depuis un an et demi. Je ne suis
pas sûre de savoir quelles étaient les politiques
sur la santé mentale à son école, mais je
n’ai pu observer aucune compréhension ou intervention
en sa faveur. Il est passé d’un étudiant
très respecté à rendement supérieur à un étudiant
furieux (périodiquement), agressif et difficile, perdant
ainsi le respect de ses amis, de son professeur et de la direction.
Il était heureux de quitter l’école et
eux aussi étaient contents de le voir partir, je peux
vous l’assurer. J’ai récemment parlé à son
professeur de mathématiques. Comme mon fils a 18 ans,
ce professeur était limité dans les informations
qu’il me donnait sur le comportement de mon fils en classe
ce qui, je pense, était scandaleux. Il ne semblait pas
comprendre ni savoir pourquoi certains des enfants les mieux
placés ont de la difficulté alors il est facile
de leur coller une étiquette négative ou de les
diminuer. » |
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« Les
amis de mon fils ont dit au travailleur social de son école
secondaire qu’ils avaient trouvé son comportement
bizarre et qu’il correspondait aux traits de caractère énumérés
sur une affiche d’un arrêt d’autobus sur la
psychose (posée par le Programme de prévention
de la psychose précoce (PPPP)). Le travailleur social
a agi rapidement, en organisant une rencontre avec le parent.
Peu de temps après, Joe a dit à ses parents qu’il
quittait l’école car ses amis étaient contre
lui. J’ai demandé à rencontrer le travailleur
social et mon fils afin d’encourager Joe à poursuivre
ses études. Il nous a tout de suite rencontré et
lorsqu’il a été clair que Joe ne continuerait
pas à aller à cette école, le travailleur
social a proposé de très bonnes suggestions qui
ont permises à Joe d’être vu par le PPPP.
Puisque Joe voulait prendre des cours dans une école
du soir pour adultes, les conseillers de son école ont
fait tout ce qu’ils pouvaient pour optimiser ses résultats.
Alors que les inscriptions étaient nombreuses, le directeur
adjoint de l’école du soir a été très
obligeant, permettant ainsi à Joe de ne suivre qu’un
seul cours à la fois. Les professeurs apportaient leur
appui en essayant de réduire son stress et finalement
permettre à Joe de terminer ses études secondaires à temps
partiel et d’avoir une moyenne de A. Le directeur adjoint
a également été d’une aide précieuse
en envoyant ses notes à la direction du système
d’inscription collégial et universitaire.
Il s’agit d’un cas de réussite du point
de vue de la détection précoce de la maladie et
de l’appui du système scolaire dans le contexte
d’une situation difficile. » |
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« Notre fille a commencé à présenter
des symptômes de dépression à l’été 2000
lorsque nous étions en voyage dans l’Ouest. Elle
venait d’avoir 17 ans et devait bientôt commencer
le CPO. Puisque je travaille pour l’Association canadienne
pour la santé mentale en tant que travailleuse sociale
communautaire, j’ai réalisé qu’elle
pouvait être déprimée. De plus, des membres
de nos familles souffrent de dépression. Elle était
très fatiguée, son moral était bas et elle
a connu une crise de panique. Même si vous travaillez dans
le milieu de la santé mentale, vous pouvez refuser de
voir la vérité. Lorsque nous sommes arrivés à la
maison, elle s’est reposée et s’est préparée
pour l’école. Lors de son premier cours, elle avait
l’impression que tout le monde parlait d’elle et
elle s’est rapidement rendue en orientation et a fait changer
tous ses cours.
Son père et moi avons réalisé qu’elle était
paranoïaque et probablement psychotique. Nous avons tout
de suite pris un rendez-vous avec notre médecin de famille
et elle l’a rencontré le lendemain. Le médecin
a diagnostiqué une dépression, lui a donné des
antidépresseurs et lui a dit de se reposer pendant trois
semaines et de ne même pas lire un livre. Elle était
très tranquille et fatiguée à ce moment-là.
Elle avait donc des sautes d’humeur et je pensais qu’elle
souffrait peut-être de dépression bipolaire. Environ
un mois plus tard, elle a été évaluée
par un psychiatre. Diagnostic : bipolaire type 2.
Je suis allée à l’école pour rencontrer
ses professeurs et expliquer sa maladie. Ils ont tous été très
compréhensifs. Certains d’entre eux avaient leurs
propres histoires à raconter sur des membres de la famille
et la santé mentale. Je commençais à croire à ces
statistiques qui disent qu’une personne sur cinq en Ontario
sera en contact avec la maladie mentale dans sa vie. La maladie
est autour de nous, mais un stigmate demeure tout de même.
Notre fille est maintenant rendue loin dans le processus de
guérison. Cela fait plus de trois ans. Au début,
elle prenait de l’Épival, un psychorégulateur
et un antidépresseur. Mais cela n’a pas fonctionné pour
elle. Son moral était très bas et elle n’avait
pas d’énergie. Après plusieurs mois, on a
vu que le « bon vieux » lithium fonctionnait
mieux pour elle en combinaison avec un médicament anti-crise
le Lamotrigine. Ce mélange l’a stabilisé et
elle s’est sentie beaucoup mieux. Son humeur et sa personnalité étaient à plat
et elle se sentait souvent fatiguée, mais elle prenait
ses médicaments. Elle m’a dit qu’elle les
prenait parce qu’elle n’aimait pas comment elle se
sentait avant de prendre ses médicaments. Mais elle ne
parlait pas beaucoup. Elle regardait la télévision
et se reposait avec son chien. Elle était repliée
sur elle-même la plupart du temps.
Notre psychiatre nous a dit que son pronostic était
bon, car elle avait été traitée très
rapidement et avait reçu beaucoup d’appui. Étant
donné que j’ai une formation en réadaptation
psychosociale, je l’ai aidé à comprendre
sa maladie et ses médicaments, à gérer son
stress, à dormir suffisamment. Je l’ai informé sur
l’alimentation et je l’ai également aidé à apprendre à mener
sa propre vie et à prendre de bonnes décisions.
Notre famille s’est également instruite sur cette
maladie. Nous avions tous des hauts et des bas, nous ne comprenions
pas toujours pourquoi nous étions frustrés. Mais
nous avons essayé de mener des vies normales auprès
de notre fille et sœur et d’être indulgents.
La ligne est mince.
Au cours de la dernière année, elle a suivi
un cours collégial virtuel en zootechnie. Il y a environ
un mois, elle s’est trouvée un emploi par elle-même.
Elle livre des fleurs et fait le ménage dans deux résidences.
Elle vient tout juste de se trouver un emploi à temps
partiel, bien qu’elle croyait avoir échoué à l’entrevue.
Elle gagne confiance en elle de nouveau et est pleine d’espoir
pour son avenir. Je voulais dire
que notre fille a terminé ses études secondaires
après une année supplémentaire et qu’elle
a été acceptée dans les trois universités
où elle avait fait une demande. Elle a accepté l’offre
de la Trent University, bien que je ne pensais pas qu’elle
puisse faire face à la situation. (Je ne lui ai pas dit
ce que je pensais à ce moment-là.) Elle a essayé d’aller à l’université.
Elle voulait pouvoir être capable de suivre ses autres
amis. Nous avons donc roulé de Fort Frances (20 heures) à Peterborough,
elle s’est installée en résidence et a subi
tout le processus d’inscription universitaire. Après
une semaine, elle m’a dit qu’elle ne pouvait plus
rester, que c’était trop stressant pour elle. Nous
sommes revenus à la maison. Je pense que cela a été un
bon exercice puisqu’elle ne pouvait se plaindre de ne pas
avoir essayé. Le personnel de la Trent University a été très
serviable et coopératif avec nous. L’expérience
nous a coûté plus de 500 $. Cette dépression bipolaire peut priver une personne
de toutes les joies et plans futurs. On perd l’estime de
soi et le désir d’atteindre des buts. Une personne
peut vouloir abandonner et être parfois suicidaire pendant
les baisses d’humeur. Il est tellement important que ces
personnes comprennent qu’il s’agit d’un déséquilibre
chimique, tout comme le diabète. Elles ne doivent pas
penser qu’elles sont responsables. Il y a beaucoup d’espoir. Le trouble bipolaire affecte toute la famille et sa dynamique.
Il reste toujours une colère non résolue, du ressentiment
et de l’incompréhension, mais également de l’indulgence.
Je l’ai encouragé à aller consulter, mais, pour
l’instant, elle a choisi de ne pas y aller. Alors nous vivons
au jour le jour. Cette maladie a laissé des marques sur notre
fille et notre famille. Nous sommes ensemble dans cette épreuve
et ensemble nous vaincrons. |
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